Article 5 de la Saga Parédéo-Sud Africaine : EcoDômes en « Aircrete »


article technique, Construction, ecodôme, Rencontres, voyage / mercredi, février 21st, 2018

Pour les constructions en « Aircrete » :

 

 

 

 

 

 

 

Les structures en « Aircrete » peuvent aller jusque 6m de diamètre. Le compas est placé au centre du cercle de manière à ce qu’il ne puisse plus bouger du tout, donc doit être profondément ancré dans le sol. Il s’agit la d’un compas dont la hauteur est placée au niveau du centre du corps humain selon le dessin de Léonard De Vinci (niveau du Chakra Sacré), avec plusieurs (ici, 4) longueurs rigides (ici, des tubes métallique creux) du rayon extérieur du cercle, mais articulé autour du point à la hauteur du centre humain. Il comporte en plus un équerre placée pour positionner l’intérieur des briques (donc rayon extérieur moins la largeur d’une brique), sur lequel est attaché un crayon pour pouvoir tracer les arcs du mur rond sur les différents coffrages des ouvertures.

Le sol est mis à niveau. Les fondations sont les mêmes que pour le Super Adobe.

Fabrication des briques :

De la mousse de savon est réalisée à partir de liquide vaisselle à base de « Sodium Éther Sulfate » ou « Sodium Lauryl Éther Sulfate » : 0,5 l pour 20 l d’eau. Si le savon contient du « Coconut DiEthyl » (DiEthyl de Noix de Coco) c’est l’idéal, il fera la force des bulles. sinon on peut ajouter un peu de glycérine (100 à 200 ml). Le savon ne doit pas contenir de sucre ou de glucose (ce composé liquéfie le ciment).

Ce mélange est passé dans une petite pompe 12 volt avec ajout d’air comprimé à environ 85 psi, sortant à travers une crépine de grattoir métallique (oui le grattoir à vaisselle classique bourré dans un tube de 4 à 5 cm de diamètre). Cette pompe peut se construire assez facilement avec un compresseur qui fait entrer l’air comprimé en passant par un petit manomètre dans une petite chambre dans laquelle est pompée l’eau savonneuse (pompe 12 volts), en n’oubliant pas d’équiper le tube de sortie avec un tube plastique d’une trentaine de cm de long et de 4 à 5 cm de diamètre remplie de grattoirs à vaisselle métallique. On trouve aussi cette pompe à l’achat sous le nom de « little dragon » sur les sites spécialisés en « Aircrete », comme DomeGaya, mais elle coûte quand même 499$.

On va injecter cette mousse dans un mélange de ciment et d’eau pour faire du « Aircrete » liquide qui va ensuite doucement sécher pendant 12 à 24 h dans des coffrages de environ 1.5 x 1.5 m sur une dizaine de cm d’épaisseur.

Ce qui importe c’est la densité de la mousse obtenue qui doit être de 90 à 100g/l. Celle-ci est injectée dans un mélange de 25 kg de ciment (ici 42,5N – SANS 50197 (EN197) pozzolanic ciment) pour 15 l d’eau jusqu’a atteindre 100 l de « Aircrete » avec la mousse (proportion : 1,65 kg de ciment pour 1 l d’eau deviendra 6.7 l de « Aircrete » avec la mousse). On marque la hauteur de 100 l à l’intérieur du container comme repaire pour savoir quand arrêter d’injecter la mousse, une fois la bonne proportion atteinte. On pèse régulièrement 1 l de mousse pendant le processus d’injection pour vérifier la stabilité de la densité. Il est préférable de l’injecter par le bas du container de ciment + eau (gros bidon de 300 l), pour ne pas tirer d’avantage d’air dans le mélange qui ferait retomber la mousse. Donc on prolonge la sortie de la crépine par un tuyau qui plonge jusqu’au fond du bidon qui est accroché au mixeur. Il s’agit de mixer doucement pendant l’injection en tournant le mixeur en spirale partant du centre depuis le fond jusqu’en haut puis du haut vers le bas jusqu’à ce que la mousse blanche ait disparue et la consistance soit de la mousse épaisse. Le processus est relativement délicat, les quantités et volumes doivent être précis et il est intéressant de faire des essais sur de petites quantités au préalable pour tester différents liquides vaisselle, etc…

On verse ensuite la mousse de « Air Crete » dans un coffrage, placé sur une surface plate, nivelée avec un lit de sable, dans lequel on a disposé une bâche ou un liner. Ici on obtient 25 briques de 0,3 x 0,3 par coffrage. Elles sèches idéalement 24 heures avant de désosser le coffrage qui comporte au moins deux charnières à 2 angles opposés. Et elle doivent encore figer pendant quelques jours. Une semaine serait l’idéal en arrosant régulièrement, mais ici 24 heures font bien l’affaire.

Construction du dôme

Le compas détermine avec l’équerre le placement de la brique (mesure de l’intérieur du mur) (voir photo)

Les briques sèches sont trempées dans de l’eau et maçonnées entre elles avec

1/ un mortier « collant » qui devient dur au niveau de la première ligne : 2 parts de sable pour une part de ciment + de l’eau jusqu’à ce que ça deviennent pâteux.

2/ Un mortier « collant », mais moins dur ensuite : 5 parts de ciment pour 1 part de chaux hydraulique + 1,5 l d’eau + 2 bouchons de glycérine jusqu’a ce que ça deviennent pâteux.

Ceci en disposant également des bandelettes de bidim humidifiées dans un mélange d’eau et de ciment (de l’ordre de 200 g de ciment pour 1l d’eau) entre les premières lignes de briques horizontales. Puis l’ensemble sera recouvert de mortier pâteux (n°2), puis de bidim humidifié dans un mélange d’eau et de ciment, si possible sur toute à longueur entre 2 ouvertures sur 3 lignes (il déborde par dessus la brique vers l’intérieur pour ne pas tomber.

Les briques sont maintenues au bon angle, de l’extérieur grâce à des poteaux et des cales triangulaires.

Ici les briques ont été positionnées sur la tranche mais nous ferons des murs plus épais au Parédé pour augmenter l’isolation et la solidité de la structure : nous ferons plutôt des briques de 25 x 25 cm sur une dizaine d’épaisseur (donc plutôt 36 par coffrage ) que nous positionnerons non pas sur la tranche mais à plat.

Les coffrages sont réalisés avec des tubes de métal galvanisés d’environ 1,8 cm de diamètre, courbés à la cintreuse et de feuilles de bois d’environ 4 à 5 mm d’épaisseur. Les coffrages sont huilés avec de l’huile végétale et recouverts d’un bidim badigeonné de mortier un peu liquéfié avant d’appliquer les briques.

Les ouvertures ovales ou comportant une arche sont réalisées autour des coffrages, en plaçant les briques sur la tranche avec une clef de voûte en haut de l’arche. Des cales sont placées sous le coffrage pour permettre de le retirer. Les ouvertures sont renforcées par un petit muret ou un mur de soutènement à l’extérieur du dôme (en sacs Super Adobe).

 

 

 

 

 

Les ouvertures rondes sont coulées en « Aircrete » dans lequel on ajoute de la fibre de chanvre, dans un coffrage huilé à l’huile végétale. Celui-ci est constitué de deux coffrages circulaires placés les uns dans les autres, laissant l’espace de l’épaisseur du mur de brique (ici 11cm, au Parédé ce sera 25 cm), dans lequel est placé un bidim pour retenir la pâte « Aircrete » et un grillage à poule qui restera inséré dedans pour renforcer la structure. On peu scier dans les briques avant d’enduire pour arrondir l’ouverture qui accueillera le contour de la fenêtre moulé.

 

Une ouverture est laissé en haut du dôme pour y placer une fenêtre. Pour les climats chaud, on peut prévoir une circulation d’air de bas en haut qui créera une spirale à l’intérieur du dôme en plaçant des tubes à la troisième ligne d' »Aircrete » et un petite ouverture en haut qui seront grillagés pour éviter les rongeurs.

 

 

 

La plomberie et l’électricité sont planifiés et s’intègrent à l’avancement en préparant une liste de chaque élément à chaque ligne pour ne pas oublier d’insérer la tuyauterie et les gaines nécessaire pour les installations postérieures… On insère un tuyaux perpendiculairement au mur à la troisième ligne d' »Aircrete » par exemple, qui permettra d’avoir une pente de 3cm par mètres depuis un évier à 80 cm de hauteur. Le reste de la tuyauterie sera installée plus tard en revanche. De même pour l’électricité on peut passer les gaines de pièce en pièce partant de l’emplacement du tableau électrique sans faire tout le gainage dans la pièces car celui ci sera installée dans les interstices des sacs ou en creusant le « Aircrete » avant d’enduire.

 

 

Le Greenhouse (jardin intérieur de phyto-épuration) peut être un dôme qui comporte une grande ouverture en verre orienté Sud généralement, ou bien un dôme géodésique, ou zôme (voir les travaux de Yann Lipnick, geobiologue formé par Stéphane Cardinaux et qui a travaillé sur les zômes notamment)

Claire Larminaux, février 2018

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