Le Printemps est de retour – Nathalie et Pelerandra font leur entrée au potager


Construction, Potager/Jardin forêt/Verger, Rencontres / dimanche, avril 29th, 2018

Un long champ de silence avec une sortie d’hiver bien remuante ici. Beaucoup de remises en question, beaucoup de doutes, beaucoup de fatigue aussi.

Les travaux malgré tout ont avancé. A pas d’escargots, certes. Mais ils ont avancé. Avec, pour bouquet final, des éclats de voix qu’on n’avait pas vu sur ces montagnes depuis l’épisode « Zbizek ».

Nous nous sommes repris dans la figure le décalage entre ce que nous tentons de créer ici et la réalité que nous arrivons à convoquer pour le moment. Comment faire vivre ce lieu et sa charte, tant que Claire et moi en tenons toute la réalité financière ? Comment offrir la place à chacun de créer quand toutes les conditions ici peuvent porter à se laisser aller sans avoir à faire les efforts pour faire coïncider ses mots avec ses actes ?

Combien sommes-nous à rêver haut et fort un monde meilleur, avec le respect du vivant, de l’autre, de soi, avec des êtres responsables et solidaires, généreux, des êtres capables de faire ce qu’il faut être à la hauteur du cadeau de la vie, mais qui jamais ne passent à l’acte ?

La plupart… il suffit de regarder l’état du monde pour s’en rendre compte, non ?

En écrivant « Connais-toi toi même » et en mettant en avant le fait que travailler sur soi est l’axe principal pour pouvoir vivre ici, nous nous sommes convaincus que ce serait suffisant. Mais grand dieu non !

Beaucoup croient qu’ils font ce travail. Beaucoup en sont convaincus. Et le fait de vivre en résistance dans le monde extérieur leur permet de se rattacher à ce conte merveilleux qu’ils adressent aux autres en perdant, peu à peu, le contact avec là où en est l’enfant, coincé derrière ce costume bien trop amidonné. Ça fout les choquottes de sortir de là, tout chétif, amaigri, faisant la moitié de la taille de ce qu’on croit envoyer vers l’extérieur et que la peur a fini pour nous faire prendre pour « nous ».

Heureusement, la rigueur et la vigueur de nos rêves semblent permettre à ceux qui tiennent le coup dans le temps, à ceux capables d’affronter la violence de mes tempêtes, tout comme la beauté de la douceur réelle de Claire, de découvrir au fond d’eux cette place pour la confiance ; un endroit de paix et de compréhension, mais aussi un endroit protégé par un lion blanc. Pour patiemment, panser ses blessures et retrouver la confiance, pour guérir, pas à pas et se découvrir enfin ce qu’on est en essence, un créateur infini. Revenir vers l’enfant qui peut voir dans le noir, l’Homme de nos rêves.

Parallèlement à ces tempêtes, est arrivée Nathalie.

Nathalie a eu vent de ce que nous tentons de mettre en place ici et a senti qu’il fallait qu’elle vienne passer quelques jours avec nous et nous partager des outils magnifiques pour la jardin.

Et voilà Claire qui rentre du potager, son sourire me clouant au mur, dès la porte d’entrée.

  • Et bien dis-donc, toi, tu as l’air vraiment heureuse…
  • Oui ! C’est génial ! Je communique avec le potager. Je l’ai senti ! J’ai senti ses « OUI » et ses « non ». C’était tellement fort. C’est les techniques de Machaelle Small Wright, tu sais, la dame des Jardins de Pérélandra. C’est génial ! Ce sont les mêmes outils qu’en mémoire cellulaire !!! Ça marche ! C’est génial ! Ça tombe tellement bien que Nathalie arrive juste à ce moment-là pour nous apporter ces outils…
  • Waouh ! Ça a l’air…

Ce qui est drôle, c’est que parallèlement, sur le Facebook du Chant des Plantes, une des personnes qui est entrée en contact avec nous m’a parlé de ces jardins et du travail fantastique de Machaelle Small Wright en me disant qu’il fallait la lire. Quand c’est le moment, c’est le moment !

Du coup, on a eu droit à une semaine de potager pleine. Avec une Claire à fond comme elle sait l’être. A ne plus en dormir la nuit. Habitée ! Et une Nathalie très discrète, mais précieuse. Nous offrant chaque jour un outils ou un mot juste pour nous accompagner sur ce chemin.

Le potager a eu un coup de boost avec cette belle équipe de femmes. Nathalie et Claire paillaient, plantaient, paillaient, plantaient…. Debout les yeux fermés, elles basculaient en avant ou en arrière, non pas parce qu’elles avaient bu, non. Mais parce qu’elles demandaient chaque chose aux plantes, au potager, au Parédé. C’était vraiment beau à voir et à accompagner. Moi de ma pioche qui avais reçu l’autorisation de déraciner les ronces qui couvraient l’espace des framboisiers.

Vous connaissez les ronces ? C’est magnifique les ronces ! C’est ingénieux, généreux. Leurs racines s’accommodent de toutes les autres plantes qui poussent. Les vers de terre semblent y trouver beaucoup d’intérêt tant ils sont nombreux à ces endroits. La terre dessous est une pure merveille. Aérée, généreuse, tendre. Les petites pousses d’arbre sont protégées des prédateurs par ces sublimes piquants si durs, quand leur bois est si tendre. Et chaque racine donne vie à un bulbe aux formes organiques (ici un dragon, là un troll, là une fée…) duquel part les ronces qui se repiquent elles-même plus loin et préparent la terre en plongeant profondément, amenant eau et air. Et elles feront cela tant que l’arbre ou les arbres qu’elles défendent jalousement ne sont pas assez grands. Alors, elles se laisseront mourir à l’ombre de leurs protégés pour révéler un sol hyper équilibré, vivant. C’est magnifique les ronces ! Vraiment !

  • Bon Alexandre tu avances ?!
  • Oui, oui, mais je regarde… c’est beau, non ? Regarde ce bulbe, je crois que je vais le sculpter pour en faire ressortir sa tête de dragon…
  • D’accord, mais plus tard ! Là, les framboisiers attendent…
  • Ah oui… d’accord.

Les framboisiers sont plantés, les fraises aussi. La fleur de vie Dogon est pratiquement achevée. Reste les étangs à finaliser, creusés par Enkidou et Kevin, la serre à arrimer et à couvrir, la récupération d’eau de pluie à remplir de pouzolane et d’un drain et enfin les trois ruches qui monteront la garde et qui nous aideront à la culture et à l’ambiance.

Nous chantons. Claire au Spacedrum et moi à la voix. Improvisant des chansons pour la reconnexion et la compréhension entre les différents règnes, les différentes habitantes de l’endroit, nos attentes, leur droit à la paresse et à la vie. Il faudrait enregistrer, parce que parfois les mélodies et les textes qui nous traversent feraient de belles chansons. Profondes.

Bien sûr, comme le suggérait Marie, nous bâtirons un jour cette avancée de bois au dessus du potager pour pouvoir venir s’y poser et contempler la vie qui suit son cours ici. Mais ça ça sera pour plus tard.

P.S. Nathalie nous a aussi amené un livre que je vous recommande fortement : Le Voyage de Mona, un conte initiatique magnifiquement illustré qui permet la découverte de ses ressources intérieures dans une forêt généreuse d’enseignements.

P.S. 2 Nathalie a aussi apporté avec elle un jeu de société très bien fait : Solution aux éditions de l’Ode. Il s’adresse à n’importe quel regroupement humain qui voudrait profiter de la force du groupe, de l’intelligence collective, pour avancer et trouver des solutions : famille, communauté, amis, collègues, etc. C’est vraiment adressé à ceux qui souhaitent en finir avec nos vieux schémas. Si jamais vous passez nous voir, vous pourrez désormais y jouer ici.

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