Créer un lieu pour mourir


Evènements, Morts / dimanche, décembre 31st, 2017

Au fond, ce qu’il s’est passé aujourd’hui, avec la mise en terre de la stèle de Sabine, de « ses » cendres et de son rocher, c’est la compréhension qu’enfin j’avais un lieu pour sortir de la vie. Comme si tout le chemin de cette création avait permis la mise en vie d’un endroit familial, beau et responsable, capable d’accueillir les cendres de nos amis d’aventure. De reprendre aussi ici la main, la responsabilité.

Une couche de vernis sur l’ardoise, un trou et un terrassement -pour créer un espace devant la stèle capable d’accueillir les envies des uns et des autres (à qui la fleur, à qui le verre d’eau, le fruit ou la méditation 😉 )- et une procession avec ceux qui en avaient envie et nous voilà donnant naissance à un cimetière. Je voyais se dessiner toutes ces stèles autour… et bien sûr la mienne. Chacune avec sa terrasse, sa vue sur la forêt et son voisinage de biches et de renards.

Bien sûr, en finir avec cette histoire, 44 ans de questions, de fantasmes… bien sûr, cela aussi a dû jouer sur le fait de me sentir enfin chez moi. Mais je ne peux m’empêcher de penser que d’avoir été au bout de cette création amènera un flux de vie et d’histoires dans ce lieu, choisi il y a un an pour enterrer la première souris de Galiléo et l’oiseau d’Hélia, puis de façon plus solennelle, Zoulou, chien compagnon de vie de Partap qui tenait à le rendre à la terre, ici.

Et de petit sanctuaire, nous sommes passés à un cimetière. Vivra-t-il ? Fleurira-t-il ? Qui sera un jour ou non à côté de Sabine ? Combien de stèles, d’oeuvres y rencontreront les survivants ? La vie est merveilleuse. La mort aussi. Ici, elle partage notre espace. Maintenant de façon « réelle ». Comme dans la plupart des peuples premiers. Et c’est un enracinement que je n’aurais pas imaginé quand je lançais cette idée, venue plus comme un élan du cœur que comme une réflexion poussée sur la proximité de ces champs d’expérience.

De façon déjà rituelle (nous avions fait de même pour l’enterrement de Zoulou), nous nous sommes réunis tout autour et j’ai lu un texte, un passage, entre nous et eux. Un instant d’éternité comme un chant.

Le texte le voici :

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p style= »text-align: left; »>« J’ai écouté mon coeur et voilà ce qu’il m’a dit :
Au commencement de chaque particule de conscience, de l’UN jusqu’à la plus petite, la plus jeune particule de vie, il y a un moment où cet être s’éveille à la conscience de soi. Dans Les Papiers de l’Ascension, nous avons décrit ce moment comme cet être se disant : “Je suis là.” Mais la conscience de soi est toujours curieuse. Et donc, les prochaines paroles peuvent être : “Que suis-je ?”
Le voyage, semble-t-il, commence toujours par : “Je suis là. Mais que suis-je ?” Puis, le voyage lui-même consiste en : “Je pourrais être ceci. Non, attends, peut-être que je suis cela. Ou alors, et si j’étais ça ?” Encore et encore et encore et encore. Toujours à la recherche de la réponse. Chaque fois que quelque chose de nouveau est essayé, il y a une fragmentation de la conscience. De nouveaux êtres sont envoyés à la découverte du Soi à l’intérieur même de la conscience de l’être-parent. Des variations sont testées. De multiples possibilités explorées. D’entiers nuages de conscience sont exprimés. En se multipliant et se complexifiant, puis en se spécialisant, et réessayant encore. Cherchant toujours, et pourtant ne trouvant jamais, ce moment d’extase et de paix qui vient avec le fait de trouver la réponse à la question : “Que suis-je ?”
Et à chaque fois, avec chaque réponse que nous avons essayée, nous nous sommes éloignés les uns des autres et de l’UN. Dans un mouvement expansif vers l’extérieur. Comme un tsunami qui prend son origine dans une tasse de thé, nous avons émergé. Devenant chacun un tsunami de conscience, nous nous sommes repoussés les uns les autres – vers l’extérieur, vers l’extérieur, cherchant toujours la vérité. Cherchant toujours la réponse à la question…
Que Suis-Je ?
Et voilà où nous en sommes maintenant, vivant nos vies sur la planète Terre, dans le plus dense niveau de conscience. C’est probablement aussi loin que la vague pouvait déferler, car c’est le niveau d’oubli du point d’origine le plus profond. Grâce au Voile de la Non-Connaissance et grâce aux choix que nous avons collectivement faits, ça y est, nous y sommes. Peut-être est-il possible d’aller encore plus loin ? Peut-être quelqu’un veut-il essayer ? Pas moi. Je suis prêt à faire partie du mouvement de retour. Comme toutes les vagues qui ont émergé des profondeurs des océans pour s’écraser contre les rochers du littoral, cette vague va retourner à l’océan. Elle va s’en retourner, toujours plus vite, exubérante, à sa source. A l’UN. Nous revenons !
Et comment allons-nous y retourner ?
Le retour commence avec la réponse correcte à la question : “Que suis-je ?”
Et la réponse correcte pour moi, de tout mon être, c’est… Amour.
Toute autre réponse que je trouve m’emmène vers davantage de complexification. Toute autre réponse me pousse vers l’extérieur, plus loin. Parce que toute autre réponse implique quelque chose que je ne suis pas.
Par exemple, si je suis (comme je l’ai découvert) un être appelé Ravissement, l’expression de Joie-Divine, alors je ne suis pas toutes sortes d’autres choses. Je ne suis pas la peur, la tristesse, la perte, la colère, la haine ou la misère.
Evidemment.
Mais je ne suis pas non plus la tranquillité, la paix, l’harmonie, l’ordre, ou la patience. Je ne suis pas la gentillesse, l’honnêteté, la justice, la vaillance, la dignité, la persévérance, la fiabilité, la droiture, ni tant d’autres qualités.
Le voyez-vous ? Si je choisis quelque chose et que je dis : “Je suis ceci”, alors, à ce moment précis, je dis “Je ne suis pas cela” à une multitude d’autres choses. Donc, si je prétends être quelque chose, cela implique une séparation, une division, et un éloignement de l’UNité.
La seule exception, c’est de déclarer : “Je suis Amour”. Pas la passion. Pas la luxure. Pas le besoin. Rien de toutes ces attributions ou sentiments réducteurs auxquels nous faisons généralement référence lorsque nous parlons d’amour. Non. Je suis Amour, avec un A majuscule. Je parle du genre d’Amour qui regarde un autre être et voit Dieu dans ses yeux. Qui voit la splendeur et la perfection dans le coeur de cet être, peu importe sa forme extérieure. L’Amour est ce qui est donné inconditionnellement à tous les êtres, partout, toujours. C’est de cet Amour-là dont je parle.
Je parle de l’Amour qui nous fait tomber à genoux de gratitude pour la vie. Qui menace de nous briser le coeur de tant de beauté autour de nous. Qui nous fait languir de trouver le meilleur, le plus remarquable, le plus magnifique don que nous ayons à l’intérieur, juste pour pouvoir rendre à la Vie ce qu’elle nous a donné.
Voilà ma réponse à la question. Et je peux déclarer avec certitude, assurance et conviction : “Je suis Amour !”
Et je suis donc, pour mon âme, un porteur de réponse. Je suis une particule de Vie qui rentre à la Maison. Je peux le sentir ! Au moment même de cette déclaration, la vague s’est retournée. Je suis dans la vague qui a fini de s’écraser contre les rochers… et qui se retire vers l’océan.
En revenant, je collecterai d’autres particules de mon Moi. Je verrai tout ce que j’ai été et tout ce que j’ai fait dans cette existence, et je dirai : “Je suis Amour et je suis ceci.” Je suis Amour, et je suis Arn, qui est Zingdad.
En revenant, je verrai les particules de mes autres incarnations, et je dirai : “Je suis Amour et je suis également ceci, et cela, et ça aussi, et ça encore.” Je suis Amour, je suis Arn, je suis le magicien, le garçon autiste, le soldat dans l’espace, le jeune Lyrien… tout cela, et tout ce que j’ai pensé être. Je déclarerai : “Je suis Amour et je suis tous ces êtres !” Et tous ces êtres seront retournés avec moi dans la houle de mon Amour.
En revenant, je rencontrerai mon Moi-Intérieur. Je le verrai dans la totalité de son extraordinaire et magnifique Soi. Je tomberai en amour avec cet être. Je verrai aussi ses blessures et sa douleur. Et je les soignerai toutes de mon amour. “Je suis Amour”, dirai-je, “et je suis cela !” Je suis Amour et je suis Ravissement et Joie-Divine et tous les aspects de moi que j’ai créés, tout au long du chemin de la séparation de l’UNité.
Je suis Amour et je suis tout cela !
Et donc, qui que vous soyez. Où que vous soyez. Quel que soit le chemin qui vous a mené là où vous êtes. Le temps viendra lors de votre chemin de retour, et lors de mon chemin de retour, où nous regarderons le même grand être et nous dirons : “Je suis Amour et je suis cela”. Puis, nous serons UN. Lorsqu’il sera temps, au parfait moment, tous les êtres partout dans Tout Ce Qui Est, regarderont l’UN. Et nous déclarerons tous : “Je suis Amour et je suis cela !”
Pour l’instant, je ne peux que me réjouir de ce moment auquel je saurai que je suis vous, et que vous êtes moi. Cependant, puisque je sais le temps n’être qu’une illusion, et que seul l‘instant présent est, je peux déjà vous voir par-delà la séparation de ce texte. Je peux vous voir le lire. Je peux vous voir et vous dire : “Je suis Amour et je suis cela !” »

Les Papiers de l’Ascension de Zingdad

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