Fin de deux semaines de chantier « Kerterre », les algues du bassin ont disparu !


Animaux, Artistique, Construction, Rencontres / jeudi, septembre 6th, 2018

A la croisée des chemins… voir enfin les couches de bêtise crasse qui nous collent à la peau se déliter. Entendre un enfant demander simplement une histoire racontée autour d’un tas de chanvre plutôt que de nous autoriser à nous dédouaner de notre responsabilité devant un programme pensé et dessiné par d’autres pour mettre en cage nos enfants quelques heures. Quelques heures de repos… Mais l’enfant dans le groupe en est un membre à part entière. Il n’a pas besoin de traitement spécial. Juste d’être là. Avec. Alors se passe cette chose incroyable. Éponge, il absorbe tous les gestes, tous les mots, tout, puis avec la capacité de sa force -physique en ce qui nous occupe ici- les retraduits, la plupart du temps, parfaitement. Parfois, il y a besoin d’un mot pour préciser le geste, mais c’est plus souvent un réflexe parental qu’un réel besoin de l’enfant qui, dans son expérience, après un ou deux ratés, si on le laisse faire, fini par trouver le chemin du geste qui lui manquait. Quelle clarté alors dans son oeil ! Il a trouvé. Lui-même résolu son problème. Et les dessins animés mortifères sont restés derrière leur écran noir, attendant patiemment que nous perdions à nouveau confiance pour reprendre leur travail. « Ne vous inquiétez pas, nous sommes là !!! »

Claire et Galiléo peignent les parties métalliques de la porte

Aujourd’hui c’est Ulysse et son odyssée. Galiléo boit les paroles. Mais attention, il ne faut pas le lui raconter à lui, mais aux autres adultes. Lui, épie. Il dérobe. Se glisse dans le cercle et c’est déjà un travail actif. Qui l’engage complètement. On ne lui raconte pas des histoires, il va les chercher, les prendre, les dérober, les ramener. Il est là, des heures, assis, écoutant.

Certains orateurs ont plus de succès que d’autres. Lillian, par exemple, que Galiléo suivra pendant une après midi entière de travail pour boire ses paroles, ses blagues, ses histoires. Lina évidemment aussi. Après, nous autres, il s’en contente quand ces deux voix qui l’hypnotisent se lassent et se taisent.

L’équipe qui brise le chanvre en racontant des histoires

Je lâche ma mèche de chanvre et je lève les yeux un instant. Toute la famille est là. A l’aise avec ces gestes d’antan. Comme si rien n’avait changé. On dirait que ces gestes sont inscrits dans nos ADN. C’est beau. C’est magique. Et je ris de voir que le bonheur, ce après quoi on court toute sa vie, est là, juste là, aussi simple et évident qu’un couché de soleil sur des collines à perte de vue.

Nous faisons ici un acte de guérison et c’est nous qui guérissons ! Pas d’écran, pas de fuite, juste être là, ensemble. Riant, devisant de tout, de rien. Égrenant les heures avec des gestes simples. Ensemble.

Des gens de passage. Des amis qu’on découvre, mais qu’on connaît depuis toujours. Des gens là par hasard et qui découvrent au fil des heures les mille et une raisons qui les ont poussés irrémédiablement ici. « Il n’y a pas de hasard ! Juste la vie ! »

Je suis si fier de cette petite tribu. Si fier de voir chacune et chacun si bien, si centré, si là, si présent. Et je sais, en voyant le niveau de la Kerterre monter qu’elle sera là encore quand nous n’y serons plus. Et qu’elle racontera cette histoire à ceux de passage. Encore et encore, inlassablement.

Parallèlement, des choses changent, se transforment. L’eau du bassin couvert d’algues qu’on a tentées de faire disparaître pendant un an pour finalement abandonner l’idée d’avoir une eau claire, sûrs que les poissons s’accommodaient de cette boue filandreuse verte qui couvrait tout l’espace, a disparu ! L’eau est devenue limpide !!!

Et les oiseaux, si souvent appelés, arrivent. Corbeaux, mésanges, colombes, vautours fauves, milans, milans royaux, héron cendrée, cigogne ?!, aigle royal…

C’est magnifique de voir se faire dans la matière ce qu’on s’écrit dans la tête. De vivre la confirmation que l’univers est mental et que tout n’est qu’une conscience partagée qui n’attend que nous pour jouer, jouer, jouer.

Fun au petit déjeuner

La seconde semaine a été aussi riche que la première. De nouvelles têtes et d’autres qui, finalement, après s’être excusés de devoir partir, sont restés. L’arrivée de « Fun » la jument sœur de Mehidi capable de rester là sans enclos, venant prendre le petit déjeuner avec nous à la maison. Magnifique proximité qui se vit chaque jour un peu plus entre les différents règnes. En totale adéquation avec le propos du Parédé.

La Kerterre ne monte pas vite. Mais il se passe tellement de choses autour que l’on ne peut que s’y résoudre et s’en réjouir. Comme si ce cadre était nécessaire à tout ce qu’il s’accomplit là. Chaque pas inscrit dans ces mèches de chaux et de chanvre mélangées.

La Oie Terre au milieu de la semaine 2

Merci la vie. Merci à vous. Merci à eux. Et merci au Parédé, notre Paradis.

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